Ouverture mur en pisé Saint Genis/Guiers

La maison Dauphinoise

La maison dites « dauphinoise », s’étend  du bas Dauphiné à l’avant pays Savoyard.  Maison « bloc à travées » à la toiture de taille impressionnante en tuiles écailles, elle est la plupart du temps en pisé.  « Des maisons à  logis-grange-étable se mêlent insensiblement à des unités d’exploitations à logis individualisé ou indépendant, et les unes et les autres sont fréquemment organisées autour d’une court » (Maisons paysannes en France et leur environnement, XVe-XXe siècles Par Jean-René Trochet)

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S’il faut admettre qu’il n’y a pas de typologie pure, ou d’archétype éternel d’une forme régionale particulière d’habitat, les évolutions (agrandissements, changements de destination, extensions, démocratisation de certains matériaux,) gardaient une certaine cohérence d’ensemble tout en s’adaptant à l’usage de l’époque, au climat, au pays. Les raisons en sont multiple ; d’une part la question d’échelle ; avant l’arrivé des voies de communication modernes, on utilise les ressources locales qui sont les mêmes depuis la nuit des temps, avant l’industrialisation, on travail à échelle humaine, la tête, la main, la famille, le village les artisans locaux ou itinérants. D’autre part si aujourd’hui, le fonctionnalisme est la loi qui régit toute construction, l’habitat préindustriel est signifiant, symbolique, il fait partie intégrante d’une culture circonscrite à un certain territoire et de sa manière de se représenter soi, le groupe et le monde.

Habiter le patrimoine

Gagné par son charme, l’acquéreur d’une maison Dauphinoise est souvent contraint de l’adapter à son mode de vie contemporain et son exigence de confort ;  ayant rarement une  activité professionnelle sur place et fort des progrès en isolations, systèmes de chauffage et vitrage,  il cherche à amener plus de lumière malgré les murs épais, à décloisonner les espaces et à augmenter son espace de vie. Si ces besoins sont légitimes il serait toutefois dommage que, sans le vouloir, on se retrouve à dénaturer ce qui nous avait alors séduit, le réduisant à n’être plus qu’une vulgaire « machine à habiter » impersonnelle et semblable à ses maisons sans histoire, au contour lissés par l’industrie.

Pourtant, on peut adapter une maison ancienne à nos usages, sans la dénaturer, on peut ajouter à son histoire, la nôtre en laissant la possibilité aux générations future d’y inscrire la leur. Rien n’est plus simple, mais nous devons laisser de coté la plupart des matériaux industriels et les pathologies qu’ils entrainent et se reposer sur le savoir faire des  maitres d’œuvres et artisans qui perpétuent et font évoluer les techniques de nos anciens.

Dans le cas de la maison Dauphinoise, les ouvertures sont faites en bois (chêne ou châtaignier) et plus rarement en pierre. Mis en place lors du pisage, appuis, jambage et linteaux restent apparents ; comme souvent dans le bâti ancien, le gros-œuvre est visible, mis en valeur et assumé comme finition. Aujourd’hui, nous pouvons employer les mêmes techniques, le bois et la pierre sont des ressources locales abondantes. Si nous prenons garde à respecter le dessin des façades et à conserver une cohérence structurelle, nous pouvons répondre aux exigences de confort sans nuire au bâti et à son histoire.

Mise en œuvre

Le carde extérieur, plus petit que l’intérieur forme une feuillure pour la pose des  fenêtres, la plupart du temps, on trouve un cadre complet à l’extérieur (linteau, jambage, appuis) et un simple linteau, sur appuis maçonné (pierre ou brique)

  1. Équarri quatre faces à la hache, les jambages sont, la plupart du temps, refendus à la scie de long, le coté cœur, scié apparent, de façon à garder une certaine symétrie) . Les appuis sont taillés de manière à former une légère pente, parfois avec rejingot. le linteau, sauf dans le cas de petite ouverture est souvent une pièce de bois entière, équarrie quatre face, posé raide en haut. On trouve souvent des feuillures en parement pour accueillir les volets.
  2. Plus ancien, la grume est refendu au coin, pour garder le fil du bois, et les demis grumes sont équarris trois face, les coté équarris sont apparents.

Les bois posés vert, sèchent lentement en même temps que le pisé, ou la maçonnerie pierre/chaux. A noté qu’il est préférable de laisser sécher le cadre avant de faire les enduits de finitions.On pourra alors combler le retrait du bois.

Il existe deux principales méthodes pour créer une ouverture  dans un mur en pisé.

Le choix de la technique dépends de l’habitude de l’artisan, du contexte, la méthode « en deux fois » est plutôt usité lorsque le mur est très sain, que le pisé a une bonne cohésion, un mélange correct.

  • En deux fois, surtout utilisée sur un mur très sain, pisé ayant une très bonnes cohésion, peu de pathologies etc ; On ouvre plus large que le cadre à poser mais sur la moitié du mur, on creuse en voute sur la partie supérieur. On pose un cadre que l’on scelle en prenant garde à avoir des points de compressions sur les linteaux (brique pleines ou pierres). Après séchage,  On ouvre l’autre moitié du mur et on pose l’autre cadre de la même manière. Si le cadre ne comporte pas d’appuis assemblé (dans le cas de porte par exemple), il faut prendre garde à bloquer les pieds, de façon à  limiter les déformations lors du séchage.
  • Chevalement, on pose un système sur étais qui va reprendre les charges du mur le temps de l’intervention. On ouvre complètement, on pose les deux cadres et l’on scelle et  maçonne en prenant garde toujours, à avoir des points de compressions. Après séchage ou retire le système d’étaiement et l’on rebouche les trous.

 

Pour aller plus loin:

http://www.tiez-breiz.org/ouverture.php

http://avant-pays-savoyard.com/

http://www.eco-caracol.com/ecoconstruction.php#

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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